LA DOMUS DE VÉSONE - Vesunna ville gallo-romaine Périgueux
- Glady de Brégeot

- 8 janv.
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Dernière mise à jour : 12 janv.
Au Ier siècle avant J.-C., l’empereur Auguste crée la province d’Aquitaine. Il désigne Vesunna comme chef-lieu de l’une des 21 cités de la province Aquitaine.
Vesunna, appelée plus tard Vésone, se développe dans un méandre de l’Isle et se pare de monuments propres au style de vie romain. Cette ville neuve incarne l'ordre impérial et se développe rapidement au cours du premier siècle.
La trame urbaine présente des axes de rues nord-sud et est-ouest. Forum, amphithéâtre, thermes, réseaux d'eau publique sont construits selon les techniques et les modèles romains. Les notables locaux, organisateurs de ce grand chantier, vivent dans de riches et vastes habitats.
L’année 276 marque les premières invasions barbares. Durant quelques mois, l'Aquitaine est soumise à plusieurs milliers de barbares qui ravagent, pillent, incendient ce qui est debout, pourchassent, massacrent et violent tout ce qui bouge, anéantissant trois siècles de civilisation.
A la fin du IIIe siècle, les monuments emblématiques de la prospérité de la ville, tels le temple de Vésone et l’amphithéâtre, sont démontés pierre par pierre, pour servir de remparts.
Au IVe siècle, la ville se replie sur elle-même passant d’une surface de 80 hectares à 6,5 hectares. Les remparts, hauts de 10 mètres et larges de 8 mètres, courent sur 950 mètres, incluant l’amphithéâtre. Ils délimitent la ville médiévale de Périgueux qui prend le nom de « la Cité des Pétrucores ».
En 1959, un projet de construction d’immeubles sur le terrain qui jouxtait le monumental vestige du temple de la Tutélaire Vesunna dit Tour de Vésone, va motiver des fouilles qui révéleront une domus romaine du 1er siècle de notre ère, sous le règne de Claude (41-54), sur le plan classique d’une maison romaine organisée autour d’un jardin central entouré d’un portique à colonnades. Son ampleur d’environ 4000 m2 avec des murs conservés d’un mètre environ ainsi et surtout par l’ensemble des peintures murales retrouvées en place dans l’aile ouest de la maison, vont décider la ville de Périgueux propriétaire du site, à protéger ces vestiges et à y installer les collections gallo-romaines regroupées depuis près de deux siècles.
La première collection du musée va provenir du fonds constitué par le comte Wlgrin de Taillefer, et fondateur en 1835 du musée archéologique départemental.
Au début du XXe siècle, l’ingénieur Charles Durand qui dirigeait alors, les fouilles de la Tour de Vésone, versera au musée les objets issus de ces fouilles. Ces collections fondatrices étaient composées très majoritairement de blocs de pierre sculptés (architecture, inscriptions ou monuments funéraires).
L’idée de construction d’un musée dédié, est ancienne. Des premiers projets avaient été étudiés avant même la fin des fouilles. La décision est finalement prise en 1992 par le conseil municipal. le projet architectural et muséographique sera confié à Jean Nouvel, qui proposera une architecture résolument contemporaine. Jean Nouvel parle d’un parapluie au dessus des murs antiques. « Ce site il fallait le révéler et le protéger ».
Toutes les inscriptions retrouvées à Vesunna sont en latin (langue officielle après la conquête romaine). Certaines pièces de la domus de Vésone étaient chauffées par hypocaustes, trois cheminées sont partiellement conservées. les maisons les plus riches comme la domus de Vésone, disposaient de bains privés. La révélation du génie romain, est le transport de l’eau d’une source vers un château d’eau (le castellim) ensuite redistribuée par un système de canalisations vers les fontaines, les édifices publics et quelques maisons individuelles. Un seul aqueduc est reconnu à Périgueux. il prenait sa source à 7km au lieu-dit Grandfont sur l’actuelle commune de Saint-Laurent-sur-manoire. Il alimentait Vésunna.
Dans le parc du musée, la Tour de Vésonne est l’imposant vestige dédié à la déesse Vesunna, mère protectrice de l’antique Périgueux . Haute de 24 mètres son accès était réservé aux prêtres. La brèche à l’Est correspond à l’emplacement d’une porte dans l’axe de l’escalier et de l’entrée monumentale.
L’amphithéâtre du 1er siècle d’une capacité de 18 000 places était l’un des plus grands de Gaule romaine. Ses vestiges sont encore visibles dans le jardin des arènes.
Vésunna, site-muséegallo-romain
20 rue du 26e RI - Parc de Vésone 24 000 - PÉRIGUEUX 0553530092 vesunna@perigueux.fr Photos Bernard Séris

A 50 m du Parc du Musée

les anciens remparts

Musée - Jean Nouvel Architecte


Les lapidaires gallo-romain





les intailles romaines -

La Tour de Vésonne -


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