le château de Connezac - Périgord Vert
- Glady de Brégeot

- 16 nov. 2024
- 3 min de lecture
Le château est situé sur la commune de Connezac, non loin de Mareuil et de Nontron, en Périgord vert.
Près d’une église romane à clocher mur, la demeure étale ses logis dans une enceinte qui a conservé l’un de ses châtelets à mâchicoulis.
Le logis du XVIIe siècle, aligne à l’Est un bâtiment très sobre entre deux pavillons.
Le logis Nord-Sud est plus tardif. A son extrémité Sud, se trouve un pavillon du XVIIIe siècle d’une heureuse architecture à bossage. « Au midi, une terrasse donne sur les prairies et sur un pigeonnier rond à toiture conique. Elle offre des vues lointaines d’une infinie douceur » (Jean Secret).
Attestée dès 1464, la seigneurie de Connezac fut à la famille Roux, puis est passée par alliance aux Maumont.
En 1438, Agnès de Maumont épouse Thibaut de Conan et le château de Connezac entre dans cette famille qui va l’habiter jusqu’en 1844 et le transmettre ensuite à ses descendants.
A la Révolution, son propriétaire est « le haut puissant seigneur Louis Thomas de Conan, comte de Montbrun, seigneur de Connezac et autres places, habitant en son château du dit, paroisse du même nom ». Alexis de Conan, le dernier du nom, chevalier de Saint-Louis et officier au régiment du roi, y décède le 20 septembre 1844. Il laisse deux filles.
La propriété va alors être transmise par les femmes durant plusieurs générations. Elle a ainsi appartenu successivement aux Galard de Béarn, aux Monëys d’Ordières, aux Braquilanges.
En 1922, le mariage d’Odette de Braquilanges avec Edmond de Lamberterie du Cros, fait entrer le château dans cette famille, qui l’habite depuis lors.
Ainsi, par le jeu des mariages, si les lignées ont changé, le château est resté dans la famille depuis le XIIIe siècle.
Cette longue transmission aurait toutefois pu s’interrompre. En effet à la suite de « l’affaire d’Hautefaye en 1870 », la famille de Galard de Béarn quitte la région et le château reste inhabité et pratiquement abandonné, jusqu’à l’arrivée des Lamberterie du Cros en 1922. Cette cinquantaine d’années d’inhabitation et d’absence d’entretien fit son œuvre : les toitures avaient à peu près tenu, mais les murs d’enceinte et les communs étaient dans un état pitoyable, les terrasses en partie effondrées. C’est donc une ruine, qu’en 1922, le baron et la baronne Edmond de Lamberterie du Cros reprirent avec beaucoup de courage et parvinrent à sauver.
Le château et son environnement sont inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques (arrêtés des 4 octobre 1946 et 23 août 2022).
L’Affaire d’Hautefaye :
Le 16 août 1870, le village d’Hautefaye est le théâtre d’un crime d’une brutalité inouïe. Lors de la foire annuelle aux bestiaux, alors que les passions sont exacerbées par la guerre Franco- Prussienne et par les récoltes catastrophiques, les affaires s’avèrent mauvaises. Les paysans périgourdins craignent un complot ourdi par « les nobles et les curés », pour renverser Napoléon III. Alain de Monëys d’Ordières, jeune notable de la région, arrivant de son château voisin de Bretanges, est accusé à tort par la foule d’être un agent prussien. Il aura beau assurer être du côté des paysans, dire s’être engagé pour combattre les Prussiens… une mécanique monstrueuse s’est mise en marche. La foule avinée va supplicier durant plus de deux heures, à coups d’aiguillons et de sabots, le jeune homme de trente-deux ans. Le délire est incontrôlable et les massacreurs finiront par le brûler plus ou moins vif dans une mare asséchée et des actes de cannibalisme auraient eu lieu.
Le drame fera grand bruit dans la presse. A la chute de l’Empire, il a même été question de supprimer la commune d’Hautefaye.
Vingt et un hommes seront inculpés dans cette affaire. Huit des accusés seront condamnés au bagne et quatre à la peine de mort. Ils seront guillotinés à Hautefaye le 6 février 1871, sur les lieux mêmes du crime, en signe d’indignation.
Alain de Monëys est né à Connezac le 9 juillet 1838, chez sa grand-mère la comtesse de Conan. Il y est enterré dans le caveau familial.
Ce drame terrifiant a inspiré de nombreux auteurs :
Jean-Louis Galet 1970 : « Meurtre à Hautefaye »
Alain Corbin en 1990 : « le Village des cannibales »
Georges Marbeck en 1992 : « Un crime de braves gens. Hautefaye - Périgord 1870 » ainsi qu’une version corrigée en 2012.
Violaine Massenet 2008: « Les mangeurs de cendres »
Jean Teulé 2009 reprenant cette affaire, écrit un livre et une pièce de théâtre dont le titre reprend les paroles malheureuses du maire d’Hautefaye : « mangez-le, si vous voulez ».
Gelli, 2020 d’après le roman de Jean Teulé : bande dessinée aux éditions DELCOURT
Ce drame terrifiant a inspiré de nombreux auteurs qui ont écrit :
Sources propriétaire et éléments soumis -
photo 2 tirée d’une vidéo de Florent Lamontagne


Vidéo Florent Lamontagne




Eglise de Connezac




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