Le château de Mareuil en Périgord Vert
- Glady de Brégeot

- 16 juil. 2023
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 nov. 2025
Au Xe siècle, les quatre baronnies du Périgord se mettent en place : Mareuil, Bourdeilles, Beynac et Biron qui soutiennent le Roi de France.
Au XIIe siècle, le château fortifié, entouré de douves alimentées par la rivière Belle, est construit. En 1150, va naître au château Arnaud de Mareuil, fameux troubadour en langue d'Oc. Amoureux éconduit de la fille de Raymond V de Toulouse, il laissera les plus belles lettres d’amour de cour.
Au XIVe siècle, durant la guerre de cent ans, les Anglais détruisent en presque totalité les 14 paroisses de la baronnie, assiégeant et occupant le château de Mareuil ainsi que celui voisin des Bernardières qui appartient à Guillaume de Mareuil.
Vers 1369 Raimond de Mareuil (1325-1382) obtient du roi, la châtellenie de Villebois.
En 1377, le connétable du Guesclin vient en aide aux seigneurs restés fidèles au Roi de France Charles V, épaulé par Raimond de Mareuil chevalier banneret, ayant un nombre suffisant de vassaux pour avoir droit de lever bannière, qui prend part avec sa compagnie à la libération de la Tour-Blanche, Bergerac et Brantôme.
Le château fort est constitué d’un ensemble de bâtiments du XVe au XVIIe siècle disposés sur une motte. On accède au château par une première tour-porte située sur la contrescarpe du fossé. Le passage franchi, une rampe montante longe la courtine du château, formant une sorte de barbacane de défense. Un pont de pierre franchissant le fossé, était autrefois interrompu par un pont-levis. Le passage voûté de l’entrée est encadré de deux tours munies d’embrasures à canons. A l’intérieur, les bâtiments sont disposés en L et à leur jonction un ancien donjon, de plan rectangulaire dépasse en hauteur le reste de l’édifice.
Son petit-fils Geoffroy de Mareuil (1380-1441), chambellan du Roi Charles VI, sénéchal du Limousin et de Saintonge, reconstruit le château et en fait une résidence de plaisance de style gothique flamboyant.
Le logis, avec des fenestrages à meneaux de la Renaissance, restauré sur des caves voûtées, est flanqué d’un donjon rectangulaire. Face à la cour intérieure, la chapelle, logée dans une des tours d’entrée, dominée par une tribune munie d’une cheminée, est un chef d’œuvre architectural, avec sa voûte en étoile et nervures d’ogives. En 1481, son petit-fils Guy de Mareuil (1445-1519), écuyer, baron de Mareuil, de Villebois rend hommage au Roi de France Louis XII.
Le nom de Mareuil va disparaître, quand Gabrielle de Mareuil, née de son second mariage avec Catherine de Clermont Dampierre, épouse, en 1541, Nicolas d’Anjou-Mézières. Leur fille Renée d’Anjou épousera à son tour en 1566 François de Bourbon-Montpensier.
Le château, incendié durant les guerres de religion, est revendu en 1565, à François de Pérusse, comte des Cars. Sa veuve, Isabeau de Beauville, transmet le château de Mareuil et celui d’Excideuil à sa fille Jeanne-Françoise de Lasseran-Massecôme, dont le père est Blaise de Monluc. Elle épouse en 1587, Daniel de Talleyrand. Quatre générations de Talleyrand vont suivre.
Gabriel Marie de Talleyrand-Périgord (1726-1795), lieutenant général des armées du Roi Louis XVI, comte de Périgord et de Grignols, qui a épousé sa lointaine cousine Marie Françoise Marguerite de Talleyrand-Périgord, marquise d’Excideuil, fait consolider et reconstruire Mareuil sans jamais le terminer. Il n’émigrera pas, mais la Révolution voit le château transformé en exploitation agricole. Le deuxième étage disparaît ne laissant que deux tours d’entrée semi-ruinées.
En 1862, le château est classé aux Monuments Historiques.
Durant trois siècles le château et les terres sont restés propriété des Talleyrand, jusqu’en 1879 date de la donation à l’hôpital de Chalais, faite par le prince Hélie-Louis de Talleyrand-Périgord sans descendance, de toutes ses propriétés.
En 1963, le duc Maurice de Montebello l’achète. Une partie des vieux bâtiments est consolidée, meublée et habitée. Une pièce-musée est consacrée au Premier Empire, retraçant l’histoire du maréchal Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809), ancêtre des actuels propriétaires. Maurice de Montebello est décédé en 2022, son épouse en 2024. Leurs descendants, assurent la continuité historique du site.
Photo 1 et 8 Maryanick Gaultier





passage voûté d’entrée et ses deux tours de défense munies d’embrasures à canons -



la chapelle


Lannes bat les autrichiens à Montebello (9 juin 1800).
Cinqjours plus tard, il tient, sous le feu ennemi, sa position à Marengo. Une sorte de »j’y suis, j'y reste ». Jusqu'à Austerlitz, Lannes, souvent plénipotentiaire, sera couvert d'honneur avec le bâton de maréchal à la suite du sacre du 2 décembre 1804. Puis, ce sera la campagne d'Allemagne de la grande armée, ou le nouveau maréchal commande le 5eme corps. Lannes, Murat, Ney sont partout. L'ancien apprenti teinturier entrera à Vienne, et à Austerlitz, le 2 décembre 1805, il sera le point de bascule du dispositif français pour enfoncer l'armée russe. Ensuite, Lannes le "plus brave", en tête, Se battra à léna, échappera à Eylau car cloué au lit par la fièvre, participera à la victoire à Friedland (14 juin 1807) en subissant les russes sans faiblir. Nommé duc de Montebello le 15 juin 1808,
Sources
« Raymond de Mareuil sire de Villebois par X;aide-Henri Piraud SHAP bulletin Tome CXLVI année 2019

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