Château l’Eveque hier et aujourd’hui à Château-l’Eveque - Périgord Blanc
- Glady de Brégeot

- il y a 5 jours
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Depuis ma rencontre avec Gérard de Colombières propriétaire de Château l’Evêque, un lien qui ressemble à de l’amitié s’est créé.
Dernièrement, il s’est ému d’un échange concernant la gentilhommière du Temple-de-l’eau à Cherveix-Cubas (en fait pas loin de chez moi), quand le propriétaire du château de Lussaud à Champagne-Vigny en Charente m’a indiqué être apparenté à la famille Debets de Lacrousille, et que leurs portraits ornaient encore dans les années 1975, les murs de la gentilhommière.
En effet, Gérard de Colombières avait reçu il y a quelques années, la visite d’un descendant par alliance de la famille Debets de Lacrousille qui fut un temps propriétaire de Château l’Eveque . Une carte de visite fut échangée et perdue. J’ai pu compléter ma présentation de Château l’Evêque que je vous propose -
Forteresse dès le XIe siècle, le château épiscopal est construit de 1347 à 1349, par Adhémar de Neuville évêque de Périgueux, puis remanié aux XVe et XVIe siècles. Ses tours crénelées ont essuyé bien des orages, guerres anglaises, troubles et luttes religieuses… Vers 1515, l’évêque Guy de Castelnau fait reconstruire dans le goût de l’époque un nouveau logis qui porte ses armoiries et fait ouvrir des baies à meneaux.
L’évêque Pierre Fournier, issu d’une noble famille auvergnate, est chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris lorsqu’il est nommé évêque de Périgueux (de 1561 à 1575). Il sera étranglé au château dans la nuit du 14 juillet 1575, par ses « serviteurs auvergnats soudoyés par les hérétiques » et son trésor pillé. Le 18 juillet, le Roi Henri III désigne François de Bourdeille-Montancey (1516-1600), fils du seigneur des Bernardières, pour lui succéder. Celui-ci obtient du roi, le privilège exorbitant du titre d’évêque de Périgueux (de 1576 à 1600) par « permission divine » avec la majeure partie des revenus de l’évêché. Il était moine à l’abbaye de Saint-Denis et sera un restaurateur de la foi et du culte catholique en Périgord. En 1600, dans l’église Saint-Julien, monseigneur François de Bourdeille, confère l’ordination sacerdotale au jeune prêtre Vincent de Paul (1581-1660) qui sera canonisé en 1737 (Saint-Vincent de Paul).
En 1637, des nouvelles révoltes paysannes grondent et quinze mille insurgés saccagent Château-l‘Évêque.
A la fin du XVIIe siècle, monseigneur de Francheville fait agrandir l’ancienne douve, en canal d’agrément. Au XVIIIe siècle et jusqu’en 1793 les évêques en font leur résidence habituelle, date à laquelle monseigneur de Flamarens en est chassé par les révolutionnaires.
Les terres du domaine sont alors morcelées et vendues à des particuliers comme bien national et des éléments défensifs sont détruits en même temps que des habitations sont construites à l’Ouest du château. Le fossé qui isole le château et un donjon, ainsi que des murs sont supprimés. Cependant, l’ensemble constitué par plusieurs logis flanqués d’un pavillon et de plusieurs tours, reste avec ses parties couronnées de mâchicoulis et de créneaux l’un des édifices harmonieux et impressionnants de l’art gothique en Périgord. Les anciens communs ou éléments défensifs supprimés sont remplacés par des jardins.
De nombreux propriétaires s’y succèdent aux XIXe et XXe siècle, tels Jules Debets de Lacrousille, avocat et conseiller de la préfecture de Dordogne ou le docteur Jean Joseph Peyrot, sénateur républicain de la Dordogne, qui en font leur illustre résidence secondaire.
En 1873, le vicomte de Gourgues indique que le parc s’étend sur quarante-trois hectares.
En 1923, Jenny Sacerdote, née Jeanne Bernard (1868-1962), retourne dans son Périgord pour y acheter Château-l’Évêque. Elle entreprend de le remettre en état, aménage le jardin. On dira qu’elle a la plus belle roseraie de France, qui est malheureusement détruite en 1940. Elle est la deuxième femme en France à recevoir la légion d’honneur pour ses services rendus à la couture.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, le château est transformé en hôtel-restaurant puis il sera le siège social d’un marchand de biens, en attendant d’être racheté, en 2016, par l’actuel propriétaire qui perpétue son histoire et consacre à l’hébergement deux chambres de son château et un gite. Désormais la salle de garde est destinée aux évènements privés ou publics.
Le site est entouré d’un parc de dix-sept hectares qui offre aux visiteurs une halte reposante et romantique avec la résurrection de la roseraie, son parc à l’anglaise, son jardin à l’Italienne, son allée cavalière de trois cents mètres de long, son bois et son cours d’eau (source) appelé ruisseau de Mesplier.
Le château est inscrit aux Monuments Historiques le 27 octobre 1938.











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