« La Journée des dupes de 1630 » où Charles Antoine de Ferrières-Sauveboeuf aurait pu tout perdre
- Glady de Brégeot

- 6 août
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A Aubas, le premier château « hospitium de Sauvebuo » est acquit en 1365 par la famille de Ferrières, locale et militaire, vassale des seigneurs de Montignac. Remanié en 1600 dans le style de la Renaissance par le chevalier Jean de Ferrières dont la mère est une Noailles . Il a épousé Claude des Cars et suivra dans ses campagnes, le duc d’Epernon principal soutien de Marie de Médicis à la mort d’Henri IV. Son fils, Charles Antoine destiné aussi à une carrière militaire, bénéficiant de l’ascension sociale de ses parents, aura été enfant d’honneur, élevé à la cour du jeune Louis XIII.
En épousant le 29 novembre 1625, Marguerite de Pierre-Buffière veuve sans postérité, il devient un grand propriétaire terrien, indépendant de son père.
Deux ans plus tard, il est présent au second siège de La Rochelle avec Louis XIII et Richelieu, mais il va s’impliquer dans les querelles royales en entrant dans le parti de Gaston d’Orléans, séduisant héritier du trône.
« La journée des Dupes « désigne les événements des dimanche 10 et lundi 11 novembre 1630 au cours desquels le roi Louis XIII réitère contre toute attente sa confiance à son ministre Richelieu, élimine ses adversaires politiques et contraint la reine-mère Marie de Médicis à l'exil. Gaston d’Orléans et les seigneurs de Sauveboeuf père et fils, l’accompagnent dans sa fuite. Condamnés à mort par le Roi, Jean de Ferrières s’exhilera en Espagne où il mourra et son fils prisonnier des Suédois, sera libéré contre une rançon payée par l’anticipation de son épouse décédée peu avant. Il bénéficiera de la grâce royale et s’engagera au service de son roi, en Lorraine, en Franche-Comté, en Italie, dans I ‘Allemagne du Nord avec Guébriant, sur le Rhin avec Condé, en Bavière avec Turenne. Il sera de plus envoyé en Italie aux secours du duc de Parme contre Ie pape Urbain VIII. En 1636, il épouse en secondes noces, Claude de Rousiers dont il aura trois enfants assurant sa descendance. Faisant campagne dans l’armée tous les ans, il ne résidera guère dans son beau château reconstruit dans le style classique, du palais du Luxembourg à Paris, d’après les plans de Nicolas Rambourg, architecte du château des seigneurs de Hautefort, alliés à sa famille.
En 1743, la riche veuve de François de Ferrières, Marie-Geneviève de Vassan va épouser en secondes noces Victor Riqueti de Mirabeau. Son fils Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau, vicomte de Pierre-Buffière, est le célèbre tribun de la Révolution (1749-1791).
En 1830 la propriété appartient successivement aux familles Chassagnac-Lestrade, Dehÿs et Baillemont et en 1891, la famille Oberkampf, célèbre notamment grâce à sa manufacture de toile de Jouy, revendra le château en 1927. Jusqu’en 1975, le château possédait un des plus importants domaines agricoles de la région. En 1987, le publicitaire, Claude Douce rachète le château et pendant trente ans lui redonne toute sa majesté. En avril 2013 il ouvre au public un musée de l’une des plus grandes collections privées sur la Préhistoire, où près de 500 000 objets sont présentés dans les caves du château. Altruiste, il prêtait volontiers ses trésors au musée national des Eyzies.
Désormais le château et ses collections, restent privées.
Le château est inscrit en totalité le 9 octobre 2009.

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