• Glady de Brégeot

Le château de Cramirat à Sergeac, commanderie de l’ordre des Templiers – Périgord Noir

Dernière mise à jour : 1 déc.

Dés la préhistoire, le site de Sergeac à 5 km au sud de Montignac-Lascaut, était un habitat paléolithique avec la riche concentration d’abris sous roche du vallon de Castel-Merle et ses abris Blanchard, abri Castanet, abri Labattut et l’abri Reverdit, occupés par l’Homme de Néanderthal il y a 85 000 ans puis par l’Homme de Cro-Magnon il y a 35 000 ans. Ce site abrite une des plus fortes concentrations de gisements préhistoriques en Europe dont une partie est présentée au musée national de la préhistoire aux Eyzies.


Le château de Cramirat à Sergeac a été construit au XIIe siècle par les chevaliers de l’ordre des Templiers. Il servait de commanderie de l’ordre dans la région et était la résidence du grand maître de l’ordre en Périgord Noir et un centre administratif et culturel. Le château marque le chemin de pèlerinage du Camino vers Saint-Jacques de Compostelle.


Il sera vendu, avec toute la juridiction, en 1280 par Helie Rudel ler, sire de Pons, seigneur de Bergerac et de Montignac, à frère Géraud Lavergne précepteur des maisons du Temple.

A proximité l’Église Saint-Pantaléon construite vers 1160 à nef unique adjacente à la façade nord du château n’a pas encore l’aspect défensif qu’elle aura au moment de la guerre de cent ans. (1)


Au matin du vendredi 13 octobre 1307 tous les Templiers seront arrêtés sur décision du roi Philippe le Bel. Le même jour toutes les commanderies de France sont cernées et les occupants arrêtés et leurs biens mis sous séquestre. Une bulle du Pape Clément V confirmera le sacrifice de l’ordre religieux-militaire et l’arrestation de tous les Templiers de la chrétienté.

Les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, héritiers en 1312 de la commanderie de Sergeac vont fortifier le château, reconstituer une communauté et installeront en 1316 leur commandeur Guillaume de Crémirac et le lieu deviendra « l’hospitalum de Cramiraco ». Les différentes familles qui se succédèrent sur ce fief furent au XIVe et au XVe, les de Cramirat, leurs alliés les de Massanc et les de Saint-Clar.

Durant la guerre de cent ans (1337-1453) Sergeac par sa position sur la rive de la Vézère a souffert à toutes les époques du passage des bandes guerrières.

En 1398 Sergeac prit une part très active contre les comtes du Périgord Archambaud V et Archambaud VI qui tous deux avaient choisi de soutenir les Anglais.

La demeure noble médiévale des Templiers détruite pendant la guerre de cent ans, sera rebâtie par les seigneurs de Saint-Clar qui possédaient aussi le château de Puy-Martin à Marquay. Dés 1445 les Saint-Clar sont seigneurs de Puy-Martin et de Cramirat.

Durant les guerres de religion (1562-1598) , Raymond de Saint-Clar Chef des catholiques en Périgord Noir, repousse les protestants, sous le nom de Capitaine de Puy-Martin et se couvre de gloire en reprenant Sarlat aux huguenots commandés par Turenne.

Durant la Ligue (1576-1594) en mai 1593 le seigneur d'Aubeterre, commandant l'armée royale, quittant Carlux, après un siège de trois semaines et la prise de cette place, s'empara des châteaux forts de Saint-Quentin, de Pelvezy et de Sergeac qu'il fit démanteler.


La Commanderie de Condat-sur-Vezere était la base principale de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem jusqu'à la révolution et était en charge de 30 commandeurs dans la région, ce qui en faisait une rivale des abbayes de Terrasson et Saint Amand de Coly. Les biens appartenant aux commandeurs de Condat dans la commune de Sergeac seront vendus comme biens nationaux le 25 avril 1793 à Antoine Ferregaudie. L’ensemble du repaire sera démembré et les différents corps de logis répartis entre plusieurs propriétaires. Un corps sera même partiellement rasé.


A la fin du XIXe siècle et jusque dans les années 1970 le lieu servait de centre communautaire pour les locaux et avait été inscrit déjà partiellement au titre des monuments historiques en 1964.


Désormais, Le château de Cramirat est privé et appartient depuis trois ans à la philosophe Anna Ravitzki et au designer Dan Alexander qui ont choisi de sauver le château en commençant par la réfection des toits de lauze et des murs de soutien. Un rare partenariat a été mis en place entre l’ABF (Architecte des Bâtiments de France), la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) le maire de Sergeac Isabelle Castanet et les propriétaires.

Avec sa porte plein cintre donnant sur un corps de logis rectangulaire, le château a conservé la structure à deux étages, avec une tour arrondie à mâchicoulis surplombant une cour fortifiée, remontant à la reconstruction par les seigneurs de Saint-Clar au XVe siécle.

Le repaire a été inscrit en 2022 sur la liste supplémentaire des monuments historiques.

(1) Le château de Cramirat est situé à proximité de l’église du XIIe siècle (1160-1180) appelée église Saint-Pantaléon reconnue comme étant une église templière. Elle prendra son aspect défensif durant la guerre de cent ans. Ce monument transformé en forteresse-refuge ne fut jamais destiné à l’attaque mais constituait un abri servant à la défense des habitants.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques depuis le 4 octobre 1929.





Plans des travaux en cours (décembre 2022) -






A un km environ existe une vaste enceinte fermée par des murailles qu’on appelle la Commanderie. Entre ce lieu et le bourg se trouve une très belle croix en pierre de forme inhabituelle « chemin » ou croix Hosanna du XVIe siècle, classée aux monuments Historiques depuis 1921… Sur cette croix dite de la Commanderie figurent Jésus en croix, la vierge, un chevalier tenant une épée, un religieux à genoux tenant un écusson armorié, des salamandres, Saint-Michel -Archange.


Post de Maryanick Gaultier

Les ordres de chevalerie sont représentés, de gauche à droite : les

Hospitaliers du Saint-Sépulcre, les Hospitaliers de Saint-Jean-de-

Jérusalem, les Templiers, les Chevaliers de Saint-Jacques-de-l'Epée,

les Chevaliers Teutoniques.(sources: de la gloire à la tragédie les templiers).


704 vues0 commentaire