• Glady de Brégeot

Le château de la marquise de Pompadour, à l’origine d’une grande renommée équestre. Corrèze -

Dernière mise à jour : 15 mai


Au cœur du petit village d’Arnac-Pompadour au Nord-Est de la Corrèze entre Brive-la-Gaillarde et Limoges, au carrefour de la Dordogne et de la Haute-Vienne, se dresse l’encore imposant site du château de Pompadour, magnifié par un environnement paysagé très soigné. Les Écuries du Haras National en sont le point d’orgue.

Du castrum construit vers l’an 1000 par Guy de Lastours, il ne reste rien car il fut totalement détruit en 1199 durant les troubles qui ont suivi la mort de Richard Cœur de Lion au château de Chalûs-Chabrol.

Au XVe siècle issu de la lignée de Guy de Lastours, Geoffroy Hélie de Pompadour fit reconstruire un très beau château, à l’emplacement de l’ancienne forteresse médiévale. La prospérité des Pompadour est considérable. En effet Messire Geoffroy de Pompadour est évêque d’Angoulême en 1465, du Puy en Auvergne en 1468, de Périgueux en 1470, chanoine de nombreuses églises et abbayes, comte de Velay, Grand aumônier de France, Conseiller et commissaire des rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII. À l’époque la carrière ecclésiastique était une garantie de pouvoir et de fortune.

Au XVIe siècle les guerres de religion opposent catholiques et protestants dans tout le royaume de France. Fervents catholiques, les Pompadour sont présents au côté du roi. Jean de Pompadour meurt à la bataille de Mussidan le 28 avril 1569 mais avait accueilli auparavant au château, les Chartreux de Glandier. Son jeune frère Louis de Pompadour poursuivant le combat de son aîné devient l’un des principaux chefs catholiques du Limousin, en servant le roi Henri III.

Au XVIIe siècle, le Vicomte Léonard Philibert de Pompadour bénéficie de revenus considérables, augmentés par son troisième mariage avec la riche héritière, fille du financier Fabry, proche de Louis XIII. Ses qualités militaires lui valent le privilège royal, d’avoir un régiment à son nom.

Sur ses terres il reste à l’écoute de la misère de ses sujets car l’année 1631 aura été effroyable, particulièrement glaciale avec inondations, disette et une terrible épidémie de peste qui à Tulle, tue 2 500 personnes.

Jean III est mineur quand son père Léonard Philibert de Pompadour meurt en 1634. Il sera protégé par le Roi Louis XIII. Le 31 décembre 1661 il sera fait Chevalier des Ordres du Roi par Louis XV.

Jean sera le premier des seigneurs de Pompadour à porter le titre de Marquis. Il aura avec Marie vicomtesse de Rochechouart, deux fils qui disparaîtront sans postérité et sa fille Marie-Françoise de Rochechouart épousera le Marquis François-Marie de Hautefort mais ils n’auront pas d’enfant.

Le titre et le domaine étant devenus vacants, permettra à Louis XV en 1745 de les offrir à sa favorite Jeanne-Antoinette Le Normant d’Etioles née Jeanne-Antoinette Poisson le 29 décembre 1721 à Paris.

Son père François Poisson est écuyer de son Altesse Royale Monseigneur le duc d’Orléans et sa mère est Louise-Madeleine de la Motte.

En 1741 elle épouse Charles-Guillaume le Normant d’Etioles et ils auront deux enfants. Leur fils meurt jeune et elle élèvera sa fille adorée comme une princesse royale.

En 1745 elle devient la favorite de Louis XV et Marquise de Pompadour.

Cavalière hors pair, elle est à l’origine de la première fondation d’un haras privé à Pompadour en 1751. Elle ne résida pas au Château car sa place était auprès du Roi qui la couvre de cadeaux, tel l’Hôtel d’Evreux aujourd’hui « le palais de l’Elysée ». Pour se faire une idée de sa fortune il faut savoir qu‘elle possédait également le château de Crécy-en-brie, les châteaux de Bel-Air à Sèvres, de Bellevue à Meudon, des Réservoirs à Versailles et le dernier château le marquisat de Ménars en Loir et Cher, tous richement décorés et agencés selon son rang durant dix-neuf années de gloire. Il faut ajouter que Louis XV avait une prédilection pour son château de Choisy et que sa favorite y passait le temps désiré par le roi. Choisy s’appelle depuis Choisy-le-Roi. Femme ambitieuse et cultivée, elle contribua aux idées nouvelles du siècle des lumières et Diderot d’Alembert, Voltaire ou Montesquieu lui resteront fidèles toute sa vie.

Elle mourra d’une pneumonie 15 avril 1764 au château de Versailles (Seule favorite ayant eu ce privilège)..

Le Marquisat est racheté en 1761 par le Duc de Choiseul avant la création en 1763 de la jumenterie par le Contrôleur général des finances Bertin. Cinq ans plus tard ce sont 73 chevaux qui sont élevés dans les écuries de l’Orangerie.

Nota Bene - Henri Léonard Bertin est né en 1720. A partir de 1763 il se fait remarquer en créant l'école vétérinaire de Lyon, de Limoges et de Maisons-Alfort, entre autres puisque son expertise touchait à tant de domaines, qu’en 1763 Le roi Louis XV va créer pour son ami un secrétariat d’État, le cinquiéme du ministère que l'on désignera comme "le département de Monsieur Bertin". Y sont affectés, pêle-mêle, les manufactures de porcelaine, l'agriculture, les mines, les canaux et la navigation intérieure, les carrosses publics et les fiacres, les messageries, le roulage et la petite poste, les dépôts des chartes, les loteries, la Compagnie des Indes, les manufactures de toiles peintes et de coton et certains biens propres du roi ! -

En 1764 le roi Louis XV transforme le site en haras royal.

La Révolution stoppe tout et la destruction d’une partie du château complétée par un incendie en 1834 va ravager une partie de ce qui avait été épargné. Les ailes nord et ouest agrémentées de parties en calcaire ont été démontées pour fabriquer de la chaux de construction. Le site à l’abandon est ensuite cédé à l’État sous le régime du Consulat.

Napoléon 1er remet le haras en fonctionnement et dés 1806 l’élevage d’étalons arabes est introduit. Les haras deviennent alors Impériaux.

En 1836 une écurie supplémentaire est construite ainsi que l’hippodrome de courses de galop (plat et obstacle) très réputé.

Pompadour est devenu la Cité du cheval en Nouvelle-Aquitaine.

La partie restante est celle du Sud et depuis 1870 elle est occupée par la direction générale des haras nationaux.




Orangerie -






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