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Le château de Grateloup à Saint-Sauveur - Périgord Pourpre

  • Photo du rédacteur: Glady de Brégeot
    Glady de Brégeot
  • 23 juin 2023
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 nov. 2025

On accède au château par une allée de platanes centenaires, qui amène à un porche à mâchicoulis, seul vestige de la maison forte du XVe siècle qui précéda l’actuelle demeure.

Vers 1590, Raymond de Faure de Lussas, mariée en 1612 à Jeanne de Gachon, fait construire le premier corps de bâtiment central avec ses dépendances en lieu et place de la maison forte.

Leur fils, Pierre de Faure de Lussas, épouse, en 1647, Marthe de Bacalan et Marguerite du Faure de Lussas, sœur de Pierre, épouse, en 1657, Thomas de Bacalan. Ces deux unions sans postérité amènent une donation à leur neveu par alliance, Timothée de Bacalan, seigneur de Maisonneuve. Ce dernier se marie avec Anne de Vergnon en 1680 et Grateloup est entièrement remanié avec deux ailes ajoutées. Le tout, traité avec noblesse et discrétion, donne l’impression d’une gentilhommière rustique avec, en façade arrière, un jardin en terrasse et deux pavillons plus hauts accolés au corps de logis.

Timothée de Bacalan revend la seigneurie le 14 juillet 1718 à David Daniel d’Alba de Grateloup, vicomte de Monbazillac. Celui-ci la revend en viager à Joseph Deville. Sa fille Marie Camille Deville-Vermont épouse le 30 juin 1756 Jean dit Maine Gontier de Biran Docteur en médecine et maire de Bergerac, selon une tradition ancestrale qui maintiendra les Gontier de Biran au corps de ville durant 58 ans. Ils auront 8 enfants dont le philosophe Marie François Pierre (1766-1824).

A la mort de son père, en 1792, Maine de Biran qui s’est enrôlé à Paris, en 1785, dans la compagnie de Noailles comme garde du corps du roi, revient en Dordogne et s’installe deux années à Grateloup avec sa mère où il écrit sa première œuvre philosophique. Le conventionnel Boussion, médecin et député du Lot et Garonne le fait nommer, en 1795, administrateur de la Dordogne. La même année, pour remplir ses fonctions, il s’installe à Périgueux chef-lieu du département, dans l’hôtel particulier familial de la rue de la Clarté.  Il y vivra avec sa première épouse Louise Fournier qui lui donnera trois enfants.   

De 1806 à 1811, il est sous-préfet de Bergerac et deux problèmes le préoccupent : « la vaccine » et « l’instruction publique », il fonde la Société Médicale et crée l’École Secondaire de Bergerac. Ensuite, sa notoriété le fait entrer dans les sphères des nouveaux pouvoirs politiques de Napoléon à Louis XVIII. Il meurt à Paris, le 28 juillet 1824, dans sa 58ème année. Sa dépouille est transférée, en 1841, au cimetière de Saint-Sauveur.

Son fils Félix (1796-1879), né de sa première union avec Louise Fournier, hérite du domaine à son tour. Il réorganise lui aussi, le corps de logis. De son mariage, en 1823, avec Caroline Valleton de Garraube, il a une fille, Éléonore Maine de Biran qui épouse, en 1854, Pierre Jules Savy, qui hérite à son tour en 1879.

L'aile Sud du château n’existe plus. Une chapelle a été construite en 1880.

Le propriétaire actuel, par le jeu des alliances, doit sa légitimité à Madeleine Savy, fille d’Eléonore, qui a épousé, en 1879, René Durand de Ramefort.

Les façades et les toitures du château et du châtelet d’entrée sont inscrites au titre des Monuments Historiques en 1973 et le 24 mars 1997.

sources -

Info. Transmises par le propriétaire rencontré.

Monumentum.fr »saint-sau.. - pop.culture.gouv..fr - Wikipedia.org »wiki »C… et M…



Un peu plus pour comprendre le philosophe - homme politique

Le ler janvier 1785 Maine de Biran à l’âge de dix-neuf ans sera enrôlé à Paris comme garde du corps du roi, compagnie de Noailles et sera blessé lors de la défense du château de Versailles des 5 et 6 octobre 1789.

A la mort de son père en 1792 il revient en Dordogne et s’installe pour deux années avec sa mère à Grateloup qu’il fera réaménager et où il écrira sa première œuvre philosophique.

Après thermidor an II (juillet 1794), le conventionnel Boussion, médecin et député du Lot-et-Garonne, est envoyé en Dordogne, avec la mission d'épurer le département. Il fera nommer Maine de Biran, le 14 mai 1795, administrateur de la Dordogne. Pour remplir ses fonctions, celui-ci s'installe à Périgueux, chef-lieu du département. À cette époque, il rencontre et épouse une jeune et jolie femme, Louise Fournier, qui lui donnera trois enfants (dont l'aîné, François, sera officier des gardes du corps sous la Restauration). En brumaire an VIII, il accepte, comme les Idéologues, le nouveau pouvoir : le Premier consul lui paraît être l'homme de la réconciliation et de la reconstruction. En 1800-1802, toujours passionné par les problèmes philosophiques, il rédige un important mémoire sur L'influence de l'habitude sur la faculté de penser, à la suite duquel l'Institut lui décerne le Premier prix. Veuf en 1803 (Louise a fait une attaque en apprenant le retour d’émigration de son premier mari), il veut se consacrer à ses réflexions philosophiques qui seront d’ailleurs couronnées par les académies de Berlin et de Copenhague ainsi qu’à des fonctions de plus en plus humanistes. Pendant cinq ans (1806-1811) sous-préfet de Bergerac il innovera en se consacrant à la paupérisation régionale , l’assèchement des marais, construction des ponts, interdiction de déboisement non mesuré, conservation des monuments historiques. Il multipliera les tournées dans les communes. Deux problèmes le préoccupant « la vaccine » et « l’instruction publique », il créera l’école secondaire de Bergerac et il fondera la société médicale de Bergerac.

Le 5 mai 1810 il est fait chevalier de la légion d’honneur et le 9 août le Sénat le désigne pour siéger au Corps législatif au Palais Bourbon à Paris. Il est chargé avec quatre diplomates d’évaluer les offres de paix formulées aux alliés par Napoléon. Le 1er janvier 1814, aux Tuileries, lors de la présentation des voeux par les grands corps de l'État, Napoléon va intervenir avec vivacité à l’encontre du Corps législatif … « Vous êtes cinq factieux… »

… et retour à Grateloup pour Maine de Biran.

Il se remarie avec Mlle Louise Anne Favareilhes de la Coustete, sa cousine. Après la première abdication de Napoléon (6 avril 1814), il se rallie facilement à Louis XVIII. Devenu membre de la Chambre des députés, il est nommé questeur, officier de la Légion d'honneur et chevalier de Saint-Louis. Par ordonnance royale et lettres patentes du 6 septembre 1814, il avait été anobli avec titre de chevalier. Il sera fait commandeur de la Légion d'honneur en 1819.

Il meurt à Paris le 28 juillet 1824 dans sa 58e année et sera transféré en 1841 au cimetière de Saint-Sauveur.


Ref Marc Allégret Revue du souvenir napoléonien – 2004

réf Philippe Bories SHAP 1977 tome CIV « LES PROPRIÉTAIRES SUCCESSIFS DE GRATELOUP aux XVIIe et XVIIIe siècles » -

Photos Bernard Séris


Façade coté terrasse


Porche à mâchicoulis - seul vestige de la maison forte du XVe siécle « Territ. Voc. de Ostra Lop ».


Façade cour

Chapelle

 
 
 

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