Le château Saint-Maurice (Saint-Laurent-des-Bâtons) Val de Louyre et Caudeau - Périgord pourpre -
- Glady de Brégeot

- 19 déc. 2023
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Dernière mise à jour : 23 juin
Les seigneurs de Pons en Charente-Maritime, sont à l’origine de l’édification en 1259 du donjon de deux étages, sur les terres du château Saint-Maurice. Jouxtant le château, l’église romane «Sanctus Laurentus » du XIIIe siècle, était la chapelle des seigneurs de Pons de Saint-Maurice.
Durant la guerre de cent ans, le château est une défense avancée de la seigneurie de Bergerac. Bâti au débouché d'un petit vallon, il est entouré de douves.
A la fin de la guerre et à l’apparition de la Renaissance, des baies à meneaux vont éclairer la demeure, étroites au XVe siècle et plus larges au XVIe siècle. Le château Saint-Maurice est toujours, à ces époques, un fief des Pons de Saint-Maurice (originaires de Charente) qui en possèdent de nombreux aux environs.
Au XVIe siècle, Guy de Pons adhère à la Réforme. Il épouse, en 1575, Antoinette d’Abzac, fille de Bertrand seigneur de Bellegarde. Leur petit-fils, François de Pons Saint-Maurice épouse, en 1673, Marie d’Escodéca, fille du seigneur de Saussignac.
Un portail permet d’accéder, par la cour ouverte du château, aux logis rebâtis aux XIVe et XVe siècles. L’un des logis, a trois niveaux et s’appuie sur une tour de défense circulaire et l’autre logis, n’a que deux niveaux. A l’angle Ouest, une tour analogue a disparu au XVIe siècle lors d’un réaménagement. Les logis sont soudés par une tour carrée d’escalier en vis, la plus large du Périgord, défendue par une meurtrière. L’ensemble est couronné de mâchicoulis, supportant un chemin de ronde sur corbeaux à trois redans, percé d’ouvertures carrées. Des archères cruciformes subsistent encore.
Si le donjon carré demeure, les remparts, les douves et le pont-levis de cette maison forte du haut Moyen Âge ont depuis fort longtemps disparu.
Au XVIIIe siècle, les Pons de Saint-Maurice s’en désintéressent, préférant leur château de Cazenave en Gironde mais ils en restent propriétaires jusqu’en 1920, soit durant sept siècles.
Dans les années 1940 Frédéric André Ève en est propriétaire et va le restaurer avec détermination en sauvant la charpente protégeant ses hautes toitures. Capitaine d’aviation 1914-1918, il sera commandant du groupe de résistance CLV (Ceux de la Libération - Vengeance) et mourra en déportationb- au camp de Dora Buchenwald, le 16 février 1945.
Jusqu’en 1962, des ventes successives vont amener à la reconversion des lieux, en domaine agricole et à l’abandon du château qui a perdu ses portes, fenêtres, cheminées et même ses parquets. En 1962, la famille Imbert, couple de médecins qui vient de quitter l’Algérie, avec leurs trois enfants, se prendra de passion pour ce château. Propriétaires jusqu’en 2025, ils le revendent à la famille Garde séduite par les possibilités de ce château, au point de changer leur trajectoire professionnelle juridique et entrepreneuriale, pour y vivre en famille et accueillir des hôtes. Désormais, les propriétaires ont finalisé leur projet d’enverdure et mettent à la location saisonnière, des appartement pensés dans l’esprit noble du lieu et en ouvrant le château pour des évènements privés d’exception.
Le château est inscrit partiellement au titre des Monuments Historiques, par arrêté du 22 mai 1974.
Tous les ans, à la Pentecôte, le village fête les « Bastonnades », pour rappeler les bâtons des pèlerins du chemin de Saint-Jacques de Compostelle qui profitaient du ruisseau, appelé Saint-Laurent puis Verdançon, jugé miraculeux. De nombreux pèlerins après avoir bu de son eau, auraient dit adieu à leurs béquilles.
photos 2 - 3 et 4 Marie-Claude Paule




l’église Romane du XIII était la chapelle des seigneurs -



À droite l’église romane XIIIe siècle, jouxtant le château -

Marcel Fréddéric André Ève a été l’un propriétaire du château, dans les années 40 et laisse le souvenir d’un patriote -



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